Propos sur l’intelligence

Paul Valery
Paul Valery
Paul Valéry (Ambroise Paul Toussaint Jules Valéry), né le 30 octobre 1871 à Sète et mort le 20 juillet 1945 à Paris, fut un poète, essayiste et philosophe français majeur. Influencé par Mallarmé, il connut une « crise » intellectuelle vers 1892 qui le fit renoncer temporairement à la poésie pour se consacrer à l’intellect et à la réflexion. Après un long silence, il revint à la littérature avec La Jeune Parque (1917), Album de vers anciens (1920) et Charmes (1922), recueil contenant le célèbre « Le Cimetière marin ». Élu à l’Académie française en 1925, il occupa ensuite une chaire au Collège de France et produisit de nombreux essais profonds sur l’art, la poésie, la science et la pensée. Considéré comme l’un des derniers grands symbolistes ou le premier post-symboliste, il incarna une exigence extrême de précision et de conscience intellectuelle.

Description

Lecture audio du texte de Paul Valéry sur l’intelligence, datant de 1934, par Mos Majorum.

Format livré : MP3 / Durée approximative : 0h35.

Citations du livre

 » La machine gouverne. La vie humaine est rigoureusement enchaînée par elle, assujettie aux volontés terriblement exactes des mécanismes. Ces créatures des hommes sont exigeantes. Elles réagissent à présent sur leurs créateurs et les façonnent d’après elles. Il leur faut des humains bien dressés ; elles en effacent peu à peu les différences et les rendent propres à leur fonctionnement régulier, à l’uniformité de leurs régimes. Elles se font donc une humanité à leur usage, presque à leur image. »

« L’opportunité ou la nécessité de donner à l’esprit, sous les espèces de certains hommes, une place définie dans le corps social a, de tout temps, soulevé une difficulté essentielle et invincible en soi. Cette difficulté réside non seulement dans le choix même de la définition, mais encore dans l’obligation de prononcer des jugements inévitables sur la qualité. On se heurte, dans toute tentative, à la question insoluble de la détermination du meilleur. En patois scientifique, on pourrait parler d’aristométrie. »

 » Des intelligences vivantes, les unes se dépensent à servir la machine, les autres à la construire, les autres à prévoir ou à préparer une plus puissante ; enfin, une dernière catégorie d’esprits se consume à essayer d’échapper à la domination de la machine. Ces intelligences rebelles sentent avec horreur se substituer à ce tout complet et autonome qu’était l’âme des anciens hommes, je ne sais quel daimon inférieur qui ne peut que collaborer, s’agglomérer, trouver son apaisement dans la dépendance, son bonheur dans un système fermé qui se fermera d’autant mieux sur soi-même qu’il sera plus exactement créé par l’homme pour l’homme. Mais c’est une définition nouvelle de l’homme. « 

 » La machine gouverne. La vie humaine est rigoureusement enchaînée par elle, assujettie aux volontés terriblement exactes des mécanismes. Ces créatures des hommes sont exigeantes. Elles réagissent à présent sur leurs créateurs et les façonnent d’après elles. Il leur faut des humains bien dressés ; elles en effacent peu à peu les différences et les rendent propres à leur fonctionnement régulier, à l’uniformité de leurs régimes. Elles se font donc une humanité à leur usage, presque à leur image. »

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