Description
Première traduction française du livre de Thomas Sowell, paru en 2019 sous le titre Discrimination and disparities. (Traduction et notes : Radu Stoenescu, philosophe)
Citations du livre
Ni Mein Kampf d’Hitler ni Le Capital de Marx n’étaient des exercices de vérification d’hypothèses. Certes, le vaste traité économique en trois volumes de Karl Marx constitue une œuvre intellectuelle bien plus considérable, mais l’« exploitation » n’y est, à aucun moment de ses 2 500 pages, envisagée comme une hypothèse à vérifier. Elle en constitue plutôt le postulat fondateur, sur lequel fut érigée toute une superstructure intellectuelle — fondée, en réalité, sur du sable mouvant. Éliminer les « exploiteurs » capitalistes dans les pays communistes n’a pas permis d’élever le niveau de vie des travailleurs, même jusqu’à celui, courant, de nombreux pays capitalistes, où les ouvriers étaient pourtant, selon la conception marxiste, toujours « exploités ».
L’idée que la discrimination explique les disparités économiques et sociales exerce sans doute un attrait émotionnel semblable pour beaucoup. Mais nous pouvons, à tout le moins, tenter de considérer ces théories — et d’autres encore — comme des hypothèses susceptibles d’être mises à l’épreuve. Les conséquences historiques du fait d’avoir érigé certaines croyances en dogmes sacrés, soustraits à toute vérification ou à toute logique, devraient suffire à nous dissuader d’emprunter à nouveau cette voie — aussi exaltants ou émotionnellement gratifiants que puissent paraître ces dogmes politiques et les croisades qu’ils engendrent, ou aussi commodes soient-ils pour nous éviter la peine et l’inconfort d’examiner nos propres convictions et de les confronter aux faits.
Si l’on peut tromper les gens avec des chiffres en les utilisant de manière biaisée sur certains sujets précis, on peut le faire encore bien plus largement avec des mots, car ils peuvent fausser la perception d’une société tout entière. Les chiffres nous induisent parfois en erreur à cause de leur apparente objectivité, mais les mots le font plus profondément, grâce à ce pouvoir émotionnel que les chiffres possèdent rarement. On peut avoir d’excellentes raisons de réagir vivement à des termes comme guerre, racisme ou meurtre, mais c’est l’invocation illégitime de ces mots chargés d’émotion qui est particulièrement dangereuse — comme tout ce qui remplace la pensée ou l’étouffe. La manipulation émotionnelle n’est cependant qu’un des risques: les mots peuvent aussi brouiller la réalité et les liens de cause à effet qui la structurent.
De nombreuses preuves empiriques suggèrent que les êtres humains n’interagissent ni de manière aléatoire, ni avec la même fréquence ou la même intensité avec tout le monde: ils privilégient certains sous-groupes de personnes qui leur ressemblent. En bref, les gens se regroupent selon leurs propres critères, tant dans le choix de leur lieu de vie que dans celui des personnes avec lesquelles ils choisissent d’interagir le plus souvent et le plus étroitement. Il est intéressant d’examiner certaines de ces données empiriques relatives à la sélection opérée par les personnes elles-mêmes, avant d’étudier les conséquences de la séparation ou du mélange effectués par des tiers. Le point crucial ici est que, lorsque les gens se regroupent de leur propre initiative, les résultats sont rarement uniformes ou aléatoires, et sont souvent assez asymétriques.
Ni Mein Kampf d’Hitler ni Le Capital de Marx n’étaient des exercices de vérification d’hypothèses. Certes, le vaste traité économique en trois volumes de Karl Marx constitue une œuvre intellectuelle bien plus considérable, mais l’« exploitation » n’y est, à aucun moment de ses 2 500 pages, envisagée comme une hypothèse à vérifier. Elle en constitue plutôt le postulat fondateur, sur lequel fut érigée toute une superstructure intellectuelle — fondée, en réalité, sur du sable mouvant. Éliminer les « exploiteurs » capitalistes dans les pays communistes n’a pas permis d’élever le niveau de vie des travailleurs, même jusqu’à celui, courant, de nombreux pays capitalistes, où les ouvriers étaient pourtant, selon la conception marxiste, toujours « exploités ».
L’idée que la discrimination explique les disparités économiques et sociales exerce sans doute un attrait émotionnel semblable pour beaucoup. Mais nous pouvons, à tout le moins, tenter de considérer ces théories — et d’autres encore — comme des hypothèses susceptibles d’être mises à l’épreuve. Les conséquences historiques du fait d’avoir érigé certaines croyances en dogmes sacrés, soustraits à toute vérification ou à toute logique, devraient suffire à nous dissuader d’emprunter à nouveau cette voie — aussi exaltants ou émotionnellement gratifiants que puissent paraître ces dogmes politiques et les croisades qu’ils engendrent, ou aussi commodes soient-ils pour nous éviter la peine et l’inconfort d’examiner nos propres convictions et de les confronter aux faits.
Pour aller plus loin
Note de lecture de Michèle Tribalat : https://micheletribalat.fr/435379014/446554439
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